MERMET-BOUVIER Lucien
Lucien MERMET-BOUVIER est né à Lyon en 1943 ; Il entre dans la vie active comme ouvrier dans l’industrie en1960 jusqu’en 1967. C’est à partir de cette date qu’il s’investit dans l’action culturelle qu’il n’abandonnera qu’en 1999 pour se consacrer exclusivement à l’art photographique.
Cette passion le tenait depuis de nombreuses décennies. Dès 1965 et jusqu’en 1969, il a réalisé plusieurs courts et moyens métrages de cinéma expérimental dont un avec le service de la recherche de l’ORTF ;
Entre 1969 et 1980, il crée des tapisseries, des collages, des photos-peintures, des sérigraphies. Une rencontre décisive avec le maître photographe américain Minor White le confirme dans sa vocation artistique. Dès lors, Lucien MERMET-BOUVIER s’engage de 1973 à 1980, dans une longue et positive formation autodidactique à la photographie. A partir de 1980, fort de cet acquis, Lucien MERMET-BOUVIER est accueilli dans nombre de musées, centres culturels, galeries d’art en France et à l’étranger.
Plus de 30 expositions jalonnent son itinéraire de création.
Sa conception de l’art photographique ne manque ni d’originalité, ni d’une profonde authenticité. Il l’exprime avec suffisamment de clarté pour lui laisser la parole : « créer aujourd’hui c’est se promener dans le labyrinthe de l’art, se ressourcer au rayon Raoul Haussmann, Magritte, Richard Hamilton et se rendre le lendemain au carrefour des académismes contemporains en faisant attention à ne pas déranger les alignements de pots de yaourts. »
Yves MAIROT
2002
PHOTOGRAPHE D’IDEES
Vingt-cinq ans de ma vie artistique ont été marqués par le complexe Minor-Whitien : recherche du sublime par l’image belle (mais ennuyeuse).
Sens unique contresens du mouvement général épris d’images sous-signifiantes (mais surpayées). Impasse.
En 2000, choix radical. Retour à l’essence de la vie : humanité, humour, comique, burlesque.
Mes photographies retrouvent la veine de mes débuts : idioties (quelquefois intelligentes), idiotismes. Je mets en scène de petites utopies réalistes, des mensonges vrais, des rêves lucides. Parfois, la réalité dépasse la fiction : je deviens reporter.
« Un art où la folie rôde » dit Yves Bonnefoy à propos de l’oxymore.
Me promener dans le monde, prendre acte de la dynamique des systèmes, décadrer les règles et les mythes. Mes photographies essaient, testent, traquent l’image ultime en évitant de baigner deux fois dans la même eau .
Une arme, l’idiotie, démarche vers la sagesse. Maîtriser les outils de l’intelligence, les détourner au profit de la dérision. Philosophie modeste qui me conduit à me moquer des fictions qui nous entourent : philosophies officielles, religions et mythes qui nous enferment dans des châteaux de mensonges répétés de siècles en siècles.
Mon travail est né du croisement entre art culturel et art populaire, au point de convergence de la littérature, du cinéma, de la chanson et des arts plastiques et visuels. Il est empreint de tous ceux qui ont forgé mon rire ; et ils sont nombreux car je butine dans tous les jardins pour faire mon miel.
Et je dessine pratiquement tout avant la prise de vue, sauf les improvisations.
Grâce à la photographie, mes idioties deviennent une affaire sérieuse.
Lucien Mermet-Bouvier